Un jour, je rencontrai une soeur. Je n'avais jamais vu personne pour qui vaincre semblât si difficile. Elle passa deux heures à me raconter tous ses échecs depuis sa jeunesse jusqu'à ses cinquante ans. Elle ne pouvait vaincre sa fierté et son mauvais caractère. Elle était toujours vaincue. Personne ne désirait davantage la victoire et pourtant personne ne la trouvait si impossible à atteindre. Elle me dit que s'il y eut jamais une personne qui voulait vaincre, c'était bien elle. Cependant, s'il y eut jamais une personne qui ne pouvait vaincre, c'était bien elle, aussi. Elle s'affligeait de ses échecs et tenta même un jour de se suicider à cause d'eux. Elle était désespérée. Tandis qu'elle me disait tout cela, je souris et déclarai : « Le Seigneur Jésus a encore un patient idéal pour Lui aujourd'hui. Encore du travail pour Sa clinique! » Elle était imprégnée de ses propres péchés, de sa propre fierté, et de son propre tempérament. Si vous n'aviez su comment vaincre, vous auriez pu être contaminés par ce flot de paroles. Si vous n'aviez pas su ce que vaincre signifie, vous auriez pu conclure que son cas était désespéré. Mais loué soit le Seigneur! Voici une bonne nouvelle : vous ne pouvez changer, mais tout ce qu'il vous faut, c'est un échange! Loué soit le Seigneur! La vie de vainqueur n'est pas un changement mais un échange. Si cela ne tenait qu'à vous, vous ne pourriez pas réussir. Mais si cela dépend de Christ, Il le peut. La question est de savoir si c'est vous ou bien Christ qui vainc. Si c'est Christ vous pourriez être encore dix fois pire qu'actuellement, cela n'aurait pas d'importance.

Frères et soeurs, qu'est-ce que la victoire? Ce n'est pas quelque chose que vous obtenez par vous-mêmes. C'est Christ qui vainc pour vous. La victoire selon la Bible est décrite dans Galates 2.20 : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. » Quand les gens de la région chinoise de Fukien argumentent, ils utilisent souvent une expression familière, si-bu-bien, qui signifie que du vivant de quelqu'un il ne peut y avoir de changement. Alors que j'étais à Pékin, je dis aux frères que chacun de nous devait se dire que nous étions si-bu-bien. Remercions et louons-Le d'être non pas changés, mais échangés!

Une soeur me demanda un jour quelle était la différence entre un changement et un échange. J'illustrai ce point à l'aide d'une vieille Bible. Si nous voulons que la Bible change, il nous faut lui coller une nouvelle couverture. Peut-être pouvons-nous redorer la couverture. Si des lettres manquent à certaines pages, il nous faut les réécrire. Si des passages se sont estompés, il nous faut retracer les mots d'origine. Après avoir tant travaillé pendant des jours entiers nous ne pouvons pas même être sûrs que nous avons effectué les bons changements. Mais si nous échangeons cette Bible contre une neuve, nous pouvons le faire en une seconde. Tout ce que vous avez à faire est de me donner la mauvaise, et je vous en donnerai une bonne. C'est tout. Dieu nous a donné Son Fils. Nous n'avons aucun effort à faire. Une fois l'échange effectué, tout est fait!

Permettez-moi de vous donner une autre illustration. Il y a quelques années, j'achetai une montre. La compagnie qui vendait la montre offrait deux ans de garantie. Mais la montre passa plus de temps dans le magasin que chez moi. Tous les deux ou trois jours, la montre s'arrêtait, et il fallait que je la ramène au magasin pour la faire réparer. Cela arrivait sans arrêt. J'allai à la boutique une fois, deux fois, voire dix fois ou plus. Je finis par en avoir assez. La montre était sans cesse réparée, mais elle ne fonctionnait jamais parfaitement. Je demandai à la compagnie s'ils pouvaient l'échanger contre une autre montre mais elle me répondit que non ; ils ne pouvaient que réparer la montre, mais elle ne fonctionnait jamais. J'étais à bout et je finis par dire : « Vous pouvez garder la montre. Je n'en veux plus. » La façon de faire des humains est de réparer constamment. Pendant les deux ans au cours desquels je fus en possession de la montre, celle-ci était constamment en réparation. Pour l'homme, il n'y a pas d'échange ; il n'y a que des réparations.

Même dans l'Ancien Testament, nous voyons que la façon d'agir de Dieu n'est pas de réparer ou de changer, mais de remplacer. On peut lire, dans Ésaïe 61.3 : « Pour accorder à ceux de Sion qui sont dans le deuil, pour leur donner de la splendeur au lieu de cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d'un esprit abattu, afin qu'on les appelle térébinthes de la justice, plantation de l'Eternel, pour servir à sa splendeur. » Dieu remplace. Dieu ne change pas la cendre. II remplace plutôt la cendre par de la splendeur. Il ne change pas le deuil. Il remplace plutôt le deuil par de la joie. Sa façon d'agir n'est jamais de changer, mais d'échanger.

Grâces soient rendues au Seigneur. Nous n'avons pas été capables de nous changer nous-mêmes tout au long de ces années. Maintenant, Dieu fait un échange qui rend possibles la sainteté, la perfection, la victoire. C'est la vie du Fils de Dieu! Alléluia! À partir de maintenant, l'humilité de Christ devient mon humilité. Sa sainteté devient ma sainteté. À partir de maintenant, Sa vie de prière devient ma vie de prière. Sa communion avec Dieu devient ma communion avec Dieu. À partir de maintenant, aucun péché n'est trop grand pour que je ne puisse le vaincre. Aucune tentation n'est trop grande pour que je n'y résiste. La victoire est Christ ; ce n'est plus moi! Existe-t-il un péché si grand que Christ ne puisse le vaincre? Existe-t-il une tentation si grande que Christ ne puisse la surmonter? Grâces soient rendues au Seigneur! Je n'ai plus peur! À partir de maintenant, ce n'est plus moi mais Christ.

par Watchman Nee
 

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